Le ministère de la Santé du Mali a recours à la technologie dans son combat contre Ebola

Depuis février 2014, l’épidémie d’Ebola fait rage en Afrique de l’Ouest, c’est d'ailleurs la première fois que l’Afrique de l’Ouest est touchée par cette maladie. L’épidémie actuelle se développant en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia  et s’étend au Nigeria et au Sénégal. Les communautés africaines sont confrontées à la plus grande crise de ce type enregistrée, avec plus de 8 300 cas signalés et plus de 4 000 décès.

L’OMS a récemment annoncé que si des mesures draconiennes n’étaient pas prises pour juguler la propagation, l’Afrique de l’Ouest pourrait devoir faire face à 10 000 nouveaux cas par semaine d’ici décembre. L’épicentre de l’épidémie se situe entre le sud de la Guinée, le nord du Liberia et le nord de la Sierra Leone.

 

Le tout premier cas de fièvre hémorragique a été rapporté en 1976 en République démocratique du Congo, alors Zaïre. En définitive, quelques 318 cas avaient été détectés, avec un taux de mortalité de 88 %. D’autres épidémies d’Ebola se sont produites au Soudan, au Gabon, en Ouganda et dans divers autres pays, mais aucune des épidémies précédentes n’est comparable à l’échelle de ce que nous vivons actuellement en Afrique de l’Ouest.

Vu la nature extrêmement contagieuse du virus, la proximité de l’épicentre de l’épidémie et l’intensité des échanges socio-économiques, la maladie pourrait très bien s’étendre au Mali et à d’autres pays africains voisins. C’est la raison pour laquelle les États membres et les partenaires de l’OMS ont organisé une réunion d’urgence en juillet pour engager des discussions sur les façons d’enrayer la transmission du virus en Afrique de l’Ouest. Suite à cette réunion, le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique du Mali (MSHP) a décidé de renforcer ses actions de prévention et d’intervention, notamment par l’introduction de divers outils numériques.

Toutes les informations officielles sur la gestion de l’épidémie sont disponibles sur le site internet du MSHP. Ces informations sont disponibles depuis le signalement du premier cas en Guinée. Celles-ci sont également relayées sur la page Facebook officielle du MSHP et d’autres médias sociaux, les rendant accessibles à 10 000 utilisateurs au Mali.

Depuis l’apparition du virus Ebola dans les pays voisins, le ministère de la Santé malien, via l’Agence nationale pour la télésanté et l’informatique médicale (ANTIM), n’a ménagé  aucun effort pour informer et éduquer la population sur les façons d’éviter la pénétration de la maladie sur le territoire malien.

En plus de toutes ces mesures, des numéros Verts, Orange Mali et Malitel ont été mis à la disposition de la population malienne pour fournir plus d’informations et répondre aux questions concernant le virus Ebola. En complément, un système de communication dédié exclusivement aux agents de santé travaillant sur Ebola a été mis en place, du nom d’Ebolaphone.

Le système d’alerte électronique sur Ebola est une application développée pour les téléphones portables, et permet d’obtenir en temps réel des données de suivi sur Ebola et sur toutes les maladies à potentiel épidémique. Cette application est une interface d’affichage numérique appelée Système numérique d’information sanitaire intégré (SNISI) et est installé sur les téléphones des responsables des Systèmes d’information sanitaire au niveau des Districts. Il est intégré à la mise en place de la Surveillance et réponse des maladies intégrées (IDSR, Integrated Disease Surveillance and Response).

Les pays africains peuvent tirer de nombreuses leçons de l’expérience du Mali. Il est essentiel qu’une réponse fonctionne et ne détourne pas de ressources destinées à d’autres priorités sanitaires.

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